
La désolidarisation d'un prêt immobilier peut devenir une nécessité lorsque ta situation personnelle change, notamment en cas de séparation ou de divorce. Dès lors que tu as contracté un crédit immobilier avec ton conjoint, vous êtes liés par le principe de solidarité qui vous engage mutuellement.
La désolidarisation d'un prêt immobilier consiste à retirer le nom et la responsabilité financière de l'un des co-emprunteurs du contrat de prêt. Concrètement, cela signifie que la personne désolidarisée n'est plus tenue de rembourser les mensualités, même en cas de défaillance de l'autre emprunteur.
Cette procédure intervient généralement dans un contexte de changement de situation personnelle. Lors d'un achat immobilier en couple, la plupart des banques exigent que les deux personnes soient co-emprunteurs pour sécuriser le prêt. Mais quand la vie évolue, notamment en cas de séparation ou de divorce, il devient souvent nécessaire de modifier cet engagement.
Lorsque tu signes un prêt immobilier avec une autre personne, vous êtes liés par le principe de solidarité. Ce concept juridique implique que chaque co-emprunteur est responsable de la totalité de la dette, pas uniquement de sa part.
Ainsi, si ton co-emprunteur ne paie plus sa part du crédit, la banque peut exiger de toi le remboursement intégral des mensualités. Cette solidarité existe indépendamment de votre statut marital ou de la répartition de la propriété du bien. Elle persiste tant que le crédit n'est pas entièrement remboursé ou qu'une désolidarisation n'a pas été acceptée par la banque.
La désolidarisation devient généralement nécessaire lors de changements importants dans ta vie personnelle :
Par ailleurs, cette démarche peut être indispensable pour celui qui quitte le logement afin de pouvoir contracter un nouveau prêt immobilier. Sans désolidarisation, ton taux d'endettement reste calculé en incluant le prêt commun, ce qui limite considérablement ta capacité d'emprunt pour un nouveau projet.
Pour entamer la démarche de désolidarisation, tu dois suivre un processus précis qui commence par une notification formelle à ton établissement bancaire.
La première étape consiste à envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à ta banque. Ce document officiel doit contenir plusieurs éléments essentiels :
Ce courrier formel est indispensable pour lancer la procédure et garantir que ta demande sera bien enregistrée et traitée par l'établissement prêteur.
Voici un exemple que tu peux adapter à ta situation :
[Nom, Prénom]
[Adresse]
[Nom de la banque]
[Adresse de la banque]
À [Ville], le [date]
Objet : Désolidarisation du prêt immobilier n°[référence]
Madame, Monsieur,
Suite à notre [divorce/séparation] en cours depuis le [date], je souhaite me désolidariser du prêt référencé ci-dessus contracté le [date]. Nous avons convenu que [nom du co-emprunteur] conservera le bien et assumera seul(e) le remboursement jusqu'à l'échéance prévue le [date].
Je sollicite donc ma désolidarisation afin de ne plus être tenu(e) à l'engagement de caution.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Cordialement,
[Signature]
Après réception de ta demande, la banque évaluera la capacité d'endettement de l'emprunteur restant. Cette analyse déterminera s'il peut assumer seul les mensualités. Le délai de traitement peut varier de 1 à 6 mois selon les établissements. Durant cette période, tu restes solidaire du prêt.
Enfin, si ta banque accepte la désolidarisation, un avenant au contrat initial sera rédigé. Ce document officialise la modification du prêt et te libère de toute obligation. Tu disposeras d'un délai de réflexion de 10 jours calendaires avant que l'avenant ne devienne effectif. Dans certains cas, un acte notarié sera également nécessaire pour confirmer le changement de propriété.
La procédure de désolidarisation entraîne plusieurs types de frais que tu dois anticiper pour éviter les surprises financières.
Les coûts d'une désolidarisation varient selon ta situation personnelle et ton établissement bancaire. Ces frais se composent principalement d'éléments notariaux, bancaires et assurantiels qu'il faut prévoir dans ton budget.
Si tu conserves le bien, tu devras probablement racheter la part de ton co-emprunteur (soulte). Ce rachat entraîne des frais de notaire généralement compris entre 7% et 8% de la valeur de la part rachetée.
La banque facture des frais de dossier pour la modification du contrat initial. Ces frais varient d'un établissement à l'autre, allant de 150€ à 500€ en moyenne. Certaines banques peuvent aussi appliquer des pénalités si le taux d'intérêt est renégocié à cette occasion.
Ton assurance emprunteur doit être modifiée. Le contrat initial couvrait deux personnes ; il faut donc retirer ton ex-co-emprunteur et adapter la couverture à ta nouvelle situation. Cette mise à jour administrative entraîne souvent des frais de gestion compris entre 30 € et 100 €, facturés par l’assureur pour le traitement du dossier et la réédition des documents.
Ensuite, si tu restes seul à rembourser le crédit, tu dois assurer 100 % du capital emprunté. C’est ce qu’on appelle l’augmentation de la quotité d’assurance. Comme tu prends désormais tout le risque à ta charge, ta prime mensuelle d’assurance augmente proportionnellement : tu peux donc payer plusieurs dizaines d’euros de plus chaque mois selon le montant du prêt et ton profil.
Malgré un dossier bien préparé, il arrive que ta banque refuse ta demande de désolidarisation.
Une banque peut rejeter ta demande principalement si l'emprunteur restant présente une capacité de remboursement insuffisante. Le risque financier paraît alors trop élevé pour l'établissement. Par ailleurs, un taux d'endettement supérieur à 35% après désolidarisation constitue souvent un motif de refus. Dans ce cas, le principe de solidarité demeure et les co-emprunteurs doivent continuer à rembourser ensemble.
La vente du bien représente souvent la solution la plus radicale mais efficace. Cette option permet de solder intégralement le prêt et libère automatiquement les deux co-emprunteurs de leurs obligations. Le produit de la vente est utilisé pour rembourser le capital restant dû, et l'éventuel surplus est partagé entre les ex-propriétaires.
Si ta banque actuelle refuse, envisage le rachat de ton prêt par un autre organisme financier. Cette démarche consiste à solliciter différentes banques qui pourraient accepter de refinancer ton crédit avec toi comme seul emprunteur. Toutefois, attends parfois la fin de ta procédure de divorce pour que ce rachat soit effectif.
Enfin, tu peux suggérer l'intervention d'un tiers comme caution en remplacement de la personne souhaitant être déchargée du prêt. La banque analysera attentivement la situation financière de ce nouveau garant et n'acceptera que s'il présente une solvabilité suffisante. Cette solution permet souvent de rassurer l'établissement prêteur sans modifier le prêt initial.
La procédure peut s'étendre de 1 à 6 mois selon la complexité de ton dossier et la réactivité de ta banque. Pendant cette période, tu restes solidaire du prêt avec ton co-emprunteur.
Oui, à condition que l'emprunteur restant puisse assumer seul les remboursements et que la banque valide sa solvabilité. Cette option nécessite généralement un rachat de soulte.
Principalement si l'emprunteur restant présente une capacité de remboursement insuffisante ou si elle juge le risque financier trop élevé.
Sources : Crédit Argicole - Crédit Mutuel - Cardif - Service Public
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